Visiter Huatulco au Mexique et ses superbes baies dans l’état de Oaxaca
Le confinement et crise du coronavirus en France – témoignages 2/2
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Arc de Triomphe du Carrousel (crédit photo Joëlle Varenne)

Le confinement en France, déjà plus d’un mois que cela dure. Je suis en ce moment coincée à Hawaï en quelque sorte et je profite du confinement pour prendre des nouvelles de mes amis dans le monde, savoir comment ça se passe là où ils sont et avoir leur avis sur le confinement. L’Ile-de-France, c’est ma région, je connais très bien et j’y connais beaucoup de monde. J’ai donc demandé aux amis, à la famille et à d’autres blogueurs voyage de témoigner sur leur façon de vivre et de voir le confinement. Voici les questions que je leur ai posées. N’hésitez pas vous aussi à me donner votre avis sur le confinement en commentaire.

J’en profite au passage pour vous partager quelques photos de Paris complètement vides prises par une copine qui va travailler en vélo. Crédit photos de Paris: Joëlle Varenne.

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Crédit photos: Joëlle Varenne

Présentation : prénom, âge, métier, nationalité, lieu de résidence et lieu de confinement actuel.

Quelles sont les conditions du confinement où vous êtes ?

Avez-vous dû rentrer de voyage ou annuler un voyage ?

Quel est votre métier ? Comment vivez-vous la crise actuelle, comment cela impacte votre vie ?

Comment vivez-vous le confinement ? D’une façon pratique : que faites-vous de vos journées ? Et d’une façon psychologique : comment cela vous affecte-t-il moralement ?

Et que pensez-vous du confinement massif en soi ?

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Place de la Concorde et rue de Rivoli (crédit photos: Joëlle Varenne)




Voici leurs témoignages :

VOIR TOUS MES ARTICLES SUR LA CRISE DU CORONAVIRUS ET LE CONFINEMENT

 

Sarah, blogueuse voyage

Sarah a 42 ans, elle est blogueuse de voyage sur leblogdesarah.com. Je l’ai rencontré au Vietnam lors de mon tour du monde en 2008 et depuis c’est devenu ma meilleure amie et nous avons beaucoup voyagé ensemble. Nous avons notamment fait un voyage de Paris à Moscou en auto-stop. Voici son témoignage :

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Sarah dans le désert du Wadi Rum en Jordanie.

Je suis confinée chez moi à Joinville-le-Pont, en banlieue parisienne. J’habite seule dans un deux-pièces avec jardin. Les conditions du confinement en France sont assez strictes et on n’a le droit de sortir que pour des courses essentielles, faire un peu d’exercice, travailler (pour les métiers indispensables) ou des rendez-vous médicaux. Pour ma part, je sors très peu. Pour les courses, je fais des commandes en drive et j’ai un primeur qui fait des livraisons à domicile pour les fruits et légumes.

Mon métier c’est blogueuse de voyage, donc forcément, c’est une activité très impactée en ce moment. La plupart de mes revenus proviennent des commissions sur les réservations de voyage réalisées par l’intermédiaire de mon blog, donc les prochains mois je vais avoir très peu de rentrées financières. Pour l’instant j’ai un peu d’argent de côté donc je ne m’inquiète pas à court terme, mais si la crise dure encore l’année prochaine, cela deviendra compliqué. A vrai dire, je n’exclue pas de changer de métier, ou alors provisoirement de faire autre chose. J’attends de voir cet été comment les choses évoluent. C’est difficile de faire des projets à moyen terme de toutes manières. En attendant, je n’arrive pas vraiment à écrire des articles de voyage. J’en ai pourtant plein en retard sur de précédentes destinations, mais je n’arrive pas à trouver la motivation pour travailler. J’ai un gros problème de concentration en ce moment. D’ailleurs cela ne concerne pas seulement mon travail, mais de manière plus générale j’ai du mal à regarder un film ou lire un livre. Je perds le fil assez vite. La seule chose que j’arrive à suivre, ce sont des séries d’action comme Breaking Bad ou 24heures chrono.

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Pour ce qui concerne mes journées, je m’occupe essentiellement en faisant du rangement et du jardinage. Ca me fait du bien d’avoir une activité physique à l’extérieur et en plus il fait beau tous les jours. J’ai beaucoup de choses à classer et ranger chez moi, donc c’est la bonne occasion pour faire ça. Sinon je joue du piano. J’en ai fait beaucoup quand j’étais enfant et adolescente, mais j’avais arrêté pendant 20 ans et mon piano était resté chez mes parents. Il y a quelques mois j’ai décidé de le faire déménager chez moi pour m’y remettre et je suis bien contente d’avoir fait ça car la période de confinement est idéale pour avoir le temps de faire de la musique! J’ai découvert aussi le qi gong avec des vidéos sur youtube. Enfin je passe aussi du temps à cuisiner. Je lis beaucoup d’articles sur la nutrition et j’ai consulté également une naturopathe sur skype pour avoir des conseils d’équilibre alimentaire et d’hygiène de vie. C’est primordial en ce moment de faire attention à sa santé et d’améliorer son système immunitaire. Psychologiquement ce n’est pas évident de bien vivre le confinement, surtout quand on vit seul, mais au final je ne me plains pas car j’ai quand même la chance de vivre dans un appartement confortable, d’avoir un jardin, d’être en bonne santé et mes proches aussi. Je pense à tous ceux qui doivent continuer de travailler dans des conditions difficiles, à ceux qui sont malades ou dans le deuil, à ceux qui n’ont plus d’argent pour se nourrir, aux familles nombreuses entassées dans de petits appartements… Donc finalement j’ai de la chance!

 

Brigitte et Roméo, retraités

Brigitte a 64 ans et Roméo 66. Ils sont Français, retraités, et confinés chez eux à Drancy, en Seine-Saint-Denis. Ce sont mes parents. Voici leur témoignage par Brigitte :

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Brigitte et Roméo à Sydney

On pense que cette crise va avoir des effets dramatiques sur l’économie et que beaucoup de petites entreprises vont être obligées de mettre la clef sous la porte. On pense aussi que l’on va vivre plusieurs années de récession en France suite à cette crise. Notre dette était déjà énorme et elle va s’accroitre encore. Personnellement, ce à quoi je pense souvent est le fait que le confinement va accroitre les violences et la maltraitance envers les enfants et les femmes battues.

Nous avons dû annuler notre croisière sur la Volga en Russie au mois de juin. Nous venons d’avoir des nouvelles de l’agence de voyages par laquelle nous avions réservé notre croisière. Suite à l’annulation, ils nous proposent de reporter notre acompte sur le même voyage ou sur un autre durant une période de 18 mois. Nous avons donc décidé de faire la croisière prévue de Moscou à Saint-Pétersbourg au mois de juin 2021.

Nous avions aussi réservé un séjour au ski au mois de mars qui a bien sûr été lui aussi annulé.  Ce séjour était organisé par une association sportive de notre commune mais nous n’avons pas encore reçu d informations quant au remboursement ou au report de ce séjour.

En fait, nous sommes absolument ravis d’être allés à Sydney au mois de février. Nous avons passé 3 belles semaines au soleil puisque c est l’été en Australie à cette période et surtout très contents d’avoir pu passer des bons moments avec notre fille.

Nous sommes rentrés à Paris le 29 février en faisant escale à Hong Kong.  A notre arrivée à Roissy, on nous a obligés à mettre un masque et on nous a distribué un imprimé sur le coronavirus. Nous pensions devoir rester en quatorzaine à notre arrivée à  la maison puisque nous avions transité par la Chine mais on ne nous a donné aucune consigne. Nous avons repris notre vie habituelle jusqu’à la mi mars, date du confinement pour tout le monde en France.

Il est vrai qu’en tant que retraités, on aspire à  aller en vacances et en voyage assez souvent et que le confinement nous prive de tout ça mais ça n’est pas très important.  L’essentiel n’est pas là.  Nous réaliserons nos projets plus tard.

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Mojitos et saucisson pour l’apéro

Le confinement pour nous n’est pas du tout une galère comparé à beaucoup d’autres personnes.  Le confinement n’impacte pas vraiment notre vie. Nous n’avons pas de problèmes de boulot ou d’enfants scolarisés ou de parents âgés dont il faut s’occuper. Ça nous empêche juste de sortir comme on a envie et on ne peut pas faire nos activités sportives et culturelles habituelles. Donc on le vit plutôt bien. Nous sommes confinés dans un pavillon avec jardin en banlieue parisienne. Les journées se ressemblent et on s’est fait notre organisation. Grasse matinée jusqu’à 11h30, petit dèj puis jeu télévisé à 12 h puis les infos à 13 h puis film programmé tous les jours à 14 h. Ensuite vers 16 h, on se trouve quelque chose à faire. jardinage le plus souvent car depuis le début du confinement, il fait beau en région parisienne ou rangement de la maison ou du sous sol ou ménage ou bricolage (karcher, bondex sur les fenêtres etc.) et aussi on a mis les rallonges à la table du jardin et on joue au ping pong dessus. Vers 18h30, pause apéro puis diner puis télé puis lecture jusque très tard, environ 2 h  du matin.

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Psychologiquement, ça ne nous affecte pas. On se dit qu’on est des privilégiés par rapport à beaucoup d’autres personnes. Et aussi beaucoup de gens meurent de ce virus et nous, nous avons la chance pour le moment d’être en bonne santé. Maintenant comment va se passer le déconfinement ? C’est à voir.



 

Solenn, hôtesse de l’air

Solenn a 40 ans, elle est hôtesse de l’air chez Air France. Elle est actuellement confinée chez elle en banlieue parisienne avec son mari de 42 ans et leurs trois enfants : Ryan 13 ans, Chloé, 12 ans, Rose 6 ans. C’était ma voisine lorsque j’habitais chez mes parents. On est souvent allées en boîte ensemble quand on avait la vingtaine. Voici son témoignage:

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Règles: sorties autorisées pour les achats de première nécessité seulement, pour raison médicale, raison familiale impérieuse et activité physique limitée à 1h avant 10h ou après 19h dans un rayon d’1 km du domicile.

Voyage annulé: seulement voyage scolaire, pas de vacances prévues avant l’été.

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Solenn à la maison

Crise: vécue de « l’extérieur », en s’informant auprès des différents médias. Pas ou peu de personnes touchées dans notre entourage proche. On suit les consignes et le confinement est vécu sans stress. Le confinement justement: après une très courte période d’adaptation (environ une semaine), tout le monde a pris ses marques au niveau de l’organisation du nouveau quotidien, école oblige. Les journées sont donc vite passées à s’occuper des enfants car différents niveaux scolaires. Nos métiers ne nous permettent pas de faire du télétravail donc nous sommes libres de nous organiser comme bon nous semble, ce qui est un vrai luxe. Et le fait d’habiter en maison avec un jardin nous permet aussi de vivre tout ça avec beaucoup de sérénité et de nous adonner à plus de jeux en plein air, du jardinage… On vit un moment de déconnection totale avec le monde que l’on connaissait, mais on réalise aussi que ce n’est pas donné à tout le monde en fonction des lieux d’habitation et des métiers de chacun. Nous vivons le confinement comme une pause bénéfique tout en ayant conscience de notre chance et de l’horreur que vivent d’autres familles affectées.

 

Roobens, blogueur voyage

Roobens est blogueur voyage sur le site beenaroudtheglobe.com. Je l’ai rencontré lors d’un apéro voyageurs à Paris. Voici son témoignage :

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Je viens de France, Paris exactement et c’est dans cette ville que je réside. J’ai la trentaine et je me retrouve confiné en colocation avec mon frère à Paris. L’appartement n’est pas minuscule mais ce n’est pas un château non plus. Nous n’avons pas de jardin ou d’espace en extérieur. Le confinement des différents pays européens a commencé pile au moment où j’allais entamer une série de voyages en Europe. En fait, j’étais en Sicile, au sud de l’Italie, quand en plein diner, nous apprenons que toute l’Italie allait être en confinement dès le lendemain. Jusque là, seul le nord du pays était confiné. Cette annonce signifiait au choix être confiné au moins 14 jours à l’hôtel, ou quitter l’Italie le plus vite possible. J’ai dû rentrer en catastrophe en France dès le lendemain, et j’ai pris le premier vol pour Paris.

Je suis donc blogueur voyage mais je fais aussi de la rédaction web en freelance et de la traduction web (français/anglais). Cette pandémie a un énorme impact sur mon activité, étant spécialisé dans le voyage et le tourisme. Je n’ai quasiment plus de missions et mes revenus se sont effondrés depuis que nous sommes confinés. J’ai heureusement un matelas financier mais la situation risque de se compliquer si le confinement dure… Les premiers jours du confinement ont été très difficiles, je le vivais très mal, moi qui suis très actif et qui ai l’habitude d’aller dehors quotidiennement. Aujourd’hui, ça va mieux. Disons que je m’y suis fait, même si ça devient long… Ces jours-ci, je gère tous plein de soucis techniques liés à mon blog que je laissais trainer depuis des mois, c’est le moment idéal pour le faire. Le confinement peut faire grogner, mais il est nécessaire, il y a plein de statistiques qui le prouvent. Prenons notre mal en patience, nous n’en savourerons que mieux notre quotidien quand la vie reprendra son cours.

 

Cyril, comédien

Cyril est Français, confiné à Paris XX en haut de la rue de Ménilmontant. Je l’ai connu en 2010 à Paris où j’ai étudié le métier d’acteur avec lui pendant un an chez Acting International, dont le fondateur Robert Cordier est d’ailleurs décédé du coronavirus récemment. Voici son témoignage et sa vision des conséquences sur le métier d’acteur :

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Cyril en voyage au Canada

Je suis seul, dans un 25m² avec balcon, cuisine, salle de bains avec baignoire, pièce de vie.

Je rentre de 2 semaines au Canada, Montréal, du 20 février au 3 mars, dates prévues dès l’origine.

Je suis comédien, mais je suis un geek casanier. Donc les 2 première semaines cela n’a rien changé ni impacté dans ma vie et encore maintenant mais je sens comme un sentiment d’attente sur l’après, beaucoup d’appréhension, très négative sur ce que cela aura à avoir sur les autres. Pour ma part pour résumer je suis payé à rester chez moi à rien foutre je ne vais pas me plaindre.

Je me couche quand je suis fatigué, je me lève quand je le veux et cela à même un impact positif sur ma santé car je bois beaucoup moins d’alcool et fais beaucoup plus attention à mon régime alimentaire et physique. Une journée type : je me réveille très tôt dans la nuit vers 3-4H je me prends un thé devant mon ordi sous le chant des oiseaux et d’un Paris silencieux, quand la journée s’emballe je me rends actif en me trouvant des activités de ménage (linge, vaisselle, aspirateur) je fais un peu d’exercice, petit déj, re ordi, bouquin, je me pose sur le balcon et je regarde les gens. série film, bain et re ordi jusqu’a ce que je me couche quand je le souhaite. Mon téléphone n’a jamais autant sonné, je dois passer 1 à 2 h par jour au tel (si ce n’est plus) avec mes amis, ma famille, il y a même des gens que je n’ai pas vus depuis 20 ans qui refont surface, quand ce n’est pas moi qui m’enquiers des autres.

Je suis très partagé sur la question du confinement massif. Pour ma part je trouve ça formidable : tout le monde fait la même chose au même moment, chacun a du temps pour soi et sa famille. On peut souffler et mettre ce monde capitaliste de taré en pause, je suis très cartésien et j’ai été très surpris de l’impact aussi flagrant de l’arrêt de l’activité sur la nature en si peu de temps et ça fait rêver, ca donne  à réfléchir. Je suis tellement fier de la solidarité en place des uns des autres, des créations de visières, des dons de nourriture de la part d’anonyme, de restaurants, et tout ces petits gestes qui me rendent fier et me donnent raison d’être humaniste. Mais je ne peux pas le crier sur tous les toits car c’est au prix de vies humaines et pour moi cela n’a pas de prix. J’ai la chance (pour le moment) de n’avoir personne de ma famille ou de mes proches d’affecté ou de décédé mais si c’était le cas je préférerais revenir à la normale et voir cette personne en vie. C’est assez philosophique mais c’est mon ressenti.

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La queue de dons alimentaires depuis mon balcon

En plus : j’ai le sentiment d’être dans l’attente comme lorsqu’on est chez le médecin et que l’on attend plusieurs heures avant que ça soit notre tour, en tant qu’acteur je ferais partie des derniers du déconfinement et il faudra du temps pour que l’économie du secteur reparte, mais cela ira très vite. Ca va être très sale à ce moment la, la concurrence et l’entraide disparaitront en grande partie et ça sera chacun pour sa tronche, chaque cachet sera capital.

Il y aura aussi du bon car beaucoup de dérives sont pointées du doigt et les gens n’en peuvent plus : je parle notamment du festival d’Avignon en général avec ses prix exorbitants pour des petites compagnies ou les acteurs doivent bien souvent payer pour passer par cette case quasi obligatoire si elles veulent être programmés sur Paris, et je trouve ça révoltant tout ceux qui se sucrent sur leur dos.

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En tant qu’acteur pour mon travail je fais un peu d’articulation, des exercices physiques, de respiration, de voix, le reste me fait chier et je ne me force pas : apprendre un texte juste pour apprendre un texte, ça me saoule, il me faut la motivation du casting, la carotte qui me fait vibrer en tant normal. Je ne devrais pas dire ça, ca peut passer pour une sorte d’hérésie mais c’est la carte de l’honnêteté. Qui sait, si ça se trouve demain j’en pourrais plus et je vais me mettre à apprendre du Edmond Rostand 10H par jour, je ne sais pas de ce que sera fait demain et je trouve ça cool. Je suis serein. J’écris beaucoup, et cela me passionne. Je profite au contraire de mon temps libre pour bouffer de la culture 12 à 15H par jour : opéra, ballet, danse, films, docu, musique, etc.



 

Martin, professeur de mathématiques

Martin est Français, il a 33 ans. Il est professeur de mathématiques indépendant. Il est confiné à Paris. Voici son témoignage:

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Martin au Mexique

J’habite avec ma petite amie dans le 13ème arrondissement à Paris. C’est là où je suis confiné depuis plus d’un mois maintenant.

Le studio dans lequel je vis ne dispose ni de terrasse, ni de balcon, ni de jardin. Pas facile d’y être confiné, surtout qu’il fait très chaud à l’intérieur avec le temps estival… Néanmoins, je ne me plains pas. Le studio est quasi neuf, et il est haut de plafond, ce qui donne un sentiment d’espace. Et puis, je vis avec ma petite amie et je continue à travailler, en donnant des cours par visioconférence. Je me dis que j’ai de la chance par rapport aux gens confinés vivant seuls ou au chômage technique.

Je n’ai pas dû rentrer précipitamment de voyage, mais le confinement a remis en cause plusieurs projets – des voyages mais aussi plusieurs projets personnels et professionnels.

Je suis professeur de mathématiques indépendant. Concrètement je donne des cours particuliers de mathématiques à des lycéen(ne)s. Je travaille également dans un centre de formation où j’aide les étudiants à préparer un test d’admission pour intégrer un MBA.

La crise actuelle ne m’affecte pas trop au quotidien. C’est sûr, j’aimerais pouvoir sortir sans avoir à télécharger une attestation et me promener en profitant du beau temps… Néanmoins, j’ai la chance de vivre avec ma petite amie et d’avoir un appartement plutôt confortable (pour Paris). Et puis, je n’ai pas vraiment le temps de m’ennuyer. J’ai réaménagé mon entrée en bureau, d’où je donne 5 à 6 heures de cours par webcam par jour.

Le reste du temps, je « profite » du confinement pour apprendre et perfectionner mon espagnol, apprendre de nouvelles démonstrations mathématiques… et je me suis même remis à jouer à Age Of Empires 2. Quitte à être emprisonné confiné pour une période indéterminée, autant en profiter pour faire des choses utiles ou agréables.

Globalement, je vis le confinement plutôt bien. Cela étant, deux choses me manquent. La première : le contact avec les élèves. Bien que je continue de les voir par webcam, le côté humain (de l’accompagnement personnalisé) me manque. Par ailleurs, ce n’est pas toujours facile de rester confiné dans 35m². Quand le manque d’exercice se fait ressentir, je fais des montées d’escaliers. Mon immeuble faisant 18 étages de haut, il suffit de monter trois ou quatre fois l’immeuble pour bien se dépenser.

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Le confinement massif est sans doute utile. Il semblerait qu’il ait permis de réduire le nombre de nouvelles contaminations et donné le temps aux hôpitaux d’augmenter leur capacité en réanimation afin de sauver des vies. Certaines études parlent de 60 000 vies sauvées, c’est énorme.

Mais à mon humble avis, le confinement ne peut à lui seul être la solution unique à la crise sanitaire. Quel que soit le domaine, la réalité est trop complexe pour être appréhendée par une solution unique. En Allemagne on confine, mais on teste massivement. En Corée, on confine de façon ciblée la population à risque. Ailleurs, on mise sur le masque. Seules des approches plurielles, ciblées, pourront peut-être (ou pas) venir à bout du covid-19.

Bien que la France soit le pays le plus taxé au monde, et l’un des pays Européens qui, avec l’Allemagne, dépense le plus pour la santé (10% du PIB), il y a pénurie de gel hydroalcoolique et de masques. Une pénurie artificielle, aggravée par des décisions gouvernementales graves. Au lieu d’admettre le manque de stock, Ndiaye a menti, déclarant les masques inutiles. Depuis, le gouvernement s’est rétracté, mais impossible d’acheter des masques à cause de la réquisition. Si au moins c’était utile. Mais cela ne suffit même pas à en fournir aux travailleurs d’Ephad et aux infirmières. Comment expliquer cela alors qu’au Maroc, un pays pourtant moins riche que la France, les masques sont en vente libre?

En raison du covid-19, le gouvernement français s’est endetté à hauteur de 120 milliards d’euros. On pourrait espérer des résultats concrets. Même pas. Avec 2000€ de dépense publique par personne en un mois, l’état est incapable de fournir ne serait-ce qu’un petit masque par personne ; la faim sévit dans les cités de Seine-Saint-Denis et de nombreuses entreprises sont menacées de faillite.

Bien sûr, il est difficile pour le gouvernement de prendre des décisions face à un problème jamais rencontré auparavant. Mais je trouve regrettable que les médias parlent du confinement total comme seule et unique solution quand nos voisins nous montrent l’existence d’autres alternatives. Je trouve également regrettable de ne pas prendre en compte le coût sociétal du confinement à long terme.

Aux États-Unis, une étude du congrès en 1976 a montré que 1% de chômage en plus = 495 décès par cirrhose du foie, 628 homicides, 920 suicides, 3440 prisonniers supplémentaires, 4227 admissions dans les hôpitaux psychiatriques et 20 240 attaques et crises cardiaques. À terme, combien de gens auront des problèmes de santé, car n’ayant pu être soignés à cause du confinement ? Combien de divorces et de personnes en dépression, car leur business a coulé ?

Pour toutes ces raisons, j’ai une opinion négative du confinement. Je n’ai rien contre le confinement en tant que tel, mais de la manière dont il a été mis en place. De façon aveugle, arbitraire, sans prendre en compte les spécificités de notre société. Sans prendre en compte les alternatives (dépistage, masque, confinement ciblé). Sans prendre en compte les conséquences durables que celui-ci va engendrer sur la société française.

 

Claudia, blogueuse voyage

Claudia a 33 ans, elle est française et confinée à Ivry-sur-Seine, en banlieue parisienne. Elle est blogueuse de voyage sur lesbaroudeurs.fr . Je l’ai rencontré lors d’un voyage de blogueurs à Thessalonique en Grèce en 2015 et je l’ai revue plusieurs fois à Paris par la suite. Voici son témoignage:

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Claudia en Corse sur le Mare i Monte

En France, nous sommes confinés depuis le 17 mars soit 40 jours. Je mesure vraiment ma chance. Je suis dans un appartement de 70 m2 avec mon compagnon et, si nous n’avons pas de terrasse, nous avons malgré tout accès à une petite corniche extérieure où nous pouvons prendre l’air. Comme beaucoup de parisiens, sachant qu’un confinement approchait, nous avons hésité à rejoindre la province mais nous nous sommes finalement décidés rapidement. Après tout, nous habitons à Paris, notre vie est ici et face à l’inconnu de la durée du confinement, nous avons préféré rester près de nos habitudes.

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Coucher de soleil depuis notre semblant de balcon

Dès le 15 mars, pour des raisons de santé, j’ai fait le choix de suivre un confinement strict. Je ne suis sortie que trois fois en 40 jours, uniquement pour aller chez le médecin. Je n’étais pourtant pas particulièrement inquiète mais il y avait trop d’inconnus sur ce nouveau virus et ses conséquences pour la santé à long terme pour que je prenne des risques et, je l’avoue, il me semblait intéressant de faire l’expérience d’un temps complètement hors du monde. Mon conjoint et moi ne sommes ensemble que depuis 6 mois. J’attendais donc avec impatience le mois de mai pour que l’on puisse organiser un premier beau voyage à l’étranger. Heureusement, nous n’avions encore rien réservé quand les mesures de confinement sont tombées. Nous n’avons donc pas eu à gérer les annulations et demandes de remboursement qui en découlent.

Je suis blogueuse voyage. Autant dire que cette crise me touche de plein fouet comme tous les acteurs du secteur touristique. J’avais un voyage professionnel prévu en juin qui a bien sûr était annulé comme tout ceux qui devaient préparer la saison touristique estivale. Les partenariats, quant à eux, ont tous été suspendus uns à uns. Dans ces conditions, beaucoup de mes collègues sont dans le rouge et certains envisagent déjà une reconversion d’autant plus que nous ne savons absolument pas quel sera l’avenir du voyage. Pourrons-nous voyager de la même façon, aussi souvent, aussi loin et aux tarifs pratiqués ces dernières années ? Certains, comme moi, avions déjà amorcé une lente transition vers des séjours plus axés sur la France et les pays limitrophes, notamment en raison des problématiques écologiques auxquels nous étions déjà confrontés. Cette décision, dans le contexte actuel, nous donne pour les prochains mois un semblant de répit. Peut-être arriverons-nous à tirer notre épingle du jeu en mettant en avant les trésors cachés de nos régions. Mais pour combien de temps et cela suffira-t’il pour en vivre ? Les français auront-ils envie de partir en vacances en France dans les prochains mois ? Auront-ils des congés ? Ne vont-ils pas privilégier, à court terme, l’épargne au voyage ?

La vie post-confinement : une incertitude professionnelle. Toutes ces interrogations professionnelles font que ces dernières semaines, mes projets sont au point mort. C’est ce que je vis le plus mal finalement. Avant la crise, je fourmillais d’idées et je n’avais jamais assez de temps pour les concrétiser. Aujourd’hui, les jours défilent et j’ai du mal à trouver suffisamment de motivation et de sens à mon travail pour me mettre à écrire. A vrai dire, je culpabilise beaucoup. Comme si on m’offrait une parenthèse idéale pour créer et que je n’en profitais pas.

Mon conjoint, lui, est au chômage partiel. Nous passons donc beaucoup de temps ensemble. J’essaye de me dire que le confinement aura au moins permis de renforcer notre relation (et la tester sérieusement, il faut bien le dire). Arrivés au milieu du confinement, je commence aussi à voir les choses autrement. Je ne cherche plus à rendre ce temps productif mais simplement à l’accepter tel qu’il se présente. Au lieu de passer des heures entières à mon bureau à procrastiner, je m’autorise à ne rien faire et on se projette forcément mieux tous les deux. On range, on cuisine sans trop regarder l’heure, on passe de longs moments sur la corniche à observer les oiseaux avec nos chats et on envisage de faire les quelques travaux dont nous avions envie pour l’appartement. Moi qui avais hâte de vivre cette expérience, elle m’aura finalement permis de retrouver ce temps contemplatif propre à l’enfance, celui de l’ennui et de la rêverie.

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Le confinement, un rapport au temps plus serein.

A propos du confinement massif en soi, je ne me sens pas experte donc difficile pour moi d’avoir un avis tranché sur le sujet. Bien sûr, comme beaucoup, j’aurai préféré éviter que nous en arrivions là. Cependant, j’entends l’argument de santé publique et il me paraît judicieux de protéger le maximum de vies humaines, même si cela implique quelques sacrifices. Aujourd’hui, je crains davantage le déconfinement, sans tests et masques suffisants pour la population en France, que le confinement.



 

Cédric, chef d’entreprise

Cédric a 33 ans, il est chef d’entreprise, il possède une boîte de nuit à Paris. Je l’ai rencontré en janvier au Mexique, lors de son dernier voyage avant le confinement, avec ses deux potes fêtards à Puerto Escondido. Voici son témoignage:

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Avec Cédric, Hugo et Christian à Puerto Escondido

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Cédric, dans son appartement parisien

Je suis confiné dans notre appartement avec ma copine dans le centre de Paris. Les conditions sont bonnes par rapport à la majorité des gens à Paris (110m2, balcons, etc.). On ne se sent pas vraiment à l’étroit à l’intérieur même quand on sort peu dans la journée. A part pendant les premiers jours où (comme partout dans le monde) un certain nombre d’abrutis avaient dévalisé certains rayons des supermarchés, on a 5-6 magasins d’alimentation à moins de 500 mètres de l’appart donc aucun problème d’approvisionnement. Si on ne trouve pas un produit qu’on cherchait, le magasin d’à côté l’aura sûrement. Il y a maximum 10 min d’attente (quand c’est le cas) à l’entrée du magasin (filtrage) donc pas de grosse galère comme on peut voir en campagne ou dans les petites villes où tout le monde va dans le seul même hypermarché du coin.

Je n’ai pas du rentrer de voyage, j’étais déjà sur Paris donc je n’ai pas eu à gérer de logistique en urgence de mon côté. Aucun de voyage de prévu avant l’été non plus donc là dessus aucun problème.

Je suis chef d’entreprise avec, on va dire, deux activités principales:

1/ salle événementielle / boite de nuit: fermée par décision du gouvernement depuis le 14 mars donc forcément arrêt intégral des rentrées d’argent et on fait au mieux pour réduire tous les frais et charges ou les reporter, en profitant des aides mises en place par l’état (chômage partiel, loyers suspendus, EDF, report des échéances sociales et fiscales, etc.). On n’a pas de risque particulier à court terme. On est convaincu que les clients reviendront à partir de la réouverture de l’établissement. Reste à savoir s’ils seront aussi nombreux et avec les mêmes budgets mais on pense que ce sera le cas progressivement dans quelques mois. Il n’y a pas vraiment de « report de dépenses des clients » car les soirées qui ne sont pas faîtes sont perdues, et que les gens ne viendront pas ensuite dépenser 3/4 fois ce qu’ils auraient dépensé avant, mais c’est comme ça on ne peut rien y faire. Sur une échelle de 10 ans, on aura traversé une période noire mais ça ne remettra pas en cause la rentabilité de l’affaire ou sa pérennité (sauf si des événements comme celui-ci ou des nouvelles décisions de confinement devaient revenir régulièrement, mais j’en doute).

Qu’est ce que je pense du confinement massif en soi ? Je pense que ce qui se passe en ce moment était extrêmement difficile à anticiper et que, avec l’ampleur du nombre de problèmes à gérer au quotidien et dans l’urgence, alourdis selon moi récemment par des grèves et manifestations incessantes en France (gilets jaunes, transports publics, tout un tas de corporations, etc.), le gouvernement n’avait ni le temps ni l’argent à disposition pour essayer d’anticiper au mieux un phénomène de pandémie de ce niveau qui allait forcément se produire un jour mais entre des problèmes à avoir à gérer tout de suite et un problème qui surviendra peut être dans un mois, un an ou 30 ans et dont personne ne parle, toute l’attention et l’énergie était déployés sur les problèmes urgents. Donc en se mettant à la place du président, c’était très très difficile de se préparer à quoi que ce soit je pense.

Mais mon avis est que le confinement massif est une mesure moyenâgeuse, qui traduit bien un manque de préparation à tous niveaux, particulièrement dans les pays latins pour ce qui concerne l’Europe. On était de notre côté absolument pas préparé à ce qui nous arrive actuellement, contrairement aux pays asiatiques qui ont eux ce genre de menaces en tête et dans leurs processus et organisations. Donc comme on était pas du tout préparés (contrôles, tests, masques, places disponibles dans les hôpitaux, matériels de réanimations, produits nécessaires à la réanimation, procès en interne au cas où, etc.), on a appliqué la solution la plus basique, et efficace en l’état, qui soit: on confine tout le monde et ensuite on se met à réfléchir (et à communiquer pour montrer que tout est sous contrôle et prévu, alors que rien du tout).

Ma deuxième activité est l’investissement: les mesures qu’a pris le gouvernement, notamment vis à vis des banques et partenaires financiers, devrait au contraire être bénéfique pour moi pour la suite, donc c’est une très bonne nouvelle: meilleurs conditions, nouvelles opportunités, etc. Comme dans toutes les crises, il y a des gagnants et des perdants (même si on ne parle souvent que de ceux qui ont perdu). Il faut que je patiente d’ici là, mais en tout cas tout ça devrait être une bonne nouvelle pour moi finalement, d’un point de vue économique.

Donc je vis plutôt bien cette période, et passe environ 1/3 de mes journées à travailler (anticiper la suite, faire avancer des dossiers en cours pour être prêt le jour J, tout ce qui est administratif et bancaire en gros), 1/3 à lire (pour me former + lire des livres de loisir) et 1/3 de temps en plus pour me distraire. Je ne me découvre pas vraiment de nouvelles activités (pas de cuisine ou autre), je consacre plutôt plus de temps à des activités dont je n’avais plus le temps ou ne prenait plus le temps avant. Je me force à sortir tous les jours et à faire une séance de sport tous les 3 jours.

Sur le ressenti des parisiens sur le confinement ; selon moi: moi le premier, au tout début tout le monde en rigolait et méprisait un peu la situation. Je suis allé en banlieue 3 jours après le début du confinement, les transports et les rues étaient remplis de monde, il n’y avait visuellement aucun changement par rapport à avant, les gens ne le respectaient pas vraiment. Puis progressivement on a tous compris et pendant un mois les gens dans la rue étaient rares. On a une super météo depuis plus d’un mois, les gens commencent à ressortir de plus en plus de chez eux je trouve, surtout depuis qu’on sait que le confinement devrait s’arrêter le 11 mai.

Au final je trouve qu’on a eu le droit a un confinement équilibré en France par rapport à certains pays: on a le droit de sortir (sous justificatif mais bon, dans la pratique il y a peu de contrôles et c’est facile de s’en sortir sans amende), on peut faire du jogging, les prix dans les magasins sont restés à l’identique, les livraisons fonctionnent bien (dans le centre de Paris en tout cas), tous les magasins nécessaires sont ouverts, il y a une compréhension générale des banques et organismes publics, etc. Les gens râlent mais l’état d’esprit global est bon je trouve, tout le monde a à peu près joué le jeu. C’est une période d’incertitudes qui n’est pas prête de se terminer mais en tout cas personnellement il n’y aura pas eu de réelle « souffrance » du confinement, il aura juste fallu s’adapter à un nouvel environnement et de nouvelles règles du jeu. (mais ça sent la catastrophe pour ceux qui ont des restaurants ou ce genre d’établissements plus physiques et lourds, après avoir dû jeter une partie de leur stock, les assurances qui ne les accompagnent quasiment pas, être fermés pendant plusieurs mois, les salariés, le bail, etc. il va y avoir beaucoup de casse (et d’opportunités pour ceux qui ont de l’argent disponible) dans ces professions là. Comme à chaque choc, ça rebat des cartes). J’aurais vécu le confinement autrement si j’avais été à leur place c’est sûr. La préoccupation principale de chacun a été la pérennité de leur travail ou de leur entreprise, ça a guidé la façon dont chacun a vécu le confinement je pense.



 

Jordane, coach d’accompagnement à la reconversion professionnelle

Jordane est coach d’accompagnement à la reconversion professionnelle sur le site OsezBriller.com. Je l’ai rencontré aux Golden Blog Awards à Paris en 2014 et depuis on s’est revu lors de divers événements. Voici son témoignage:

jordane-japon

Jordane au Japon

Je reviens d’un trip de plusieurs semaines au Japon que j’ai dû écourter suite à l’état d’urgence décrété à Tokyo et dans d’autres préfectures. Je craignais de devoir rester confiné dans une chambre d’hôtel de 8m carré et d’être bloqué plusieurs semaines au Japon sans possibilité de revenir en France.

Ce qui ne m’aurait pas déplu car j’ai fait le choix il y a 7 ans de me mettre à mon compte pour pouvoir travailler à distance de n’importe où dans le monde. Donc c’était le moment d’expérimenter mais le souci c’est que ma compagne devrait reprendre le travail sur place. Et puis le Japon reste un pays cher en termes de loyer, donc ça n’est pas plus mal.

Notre vol retour étant annulé, le consulat de France nous a conseillé de prendre un vol Air France qui était la seule compagnie à assurer les vols entre le Japon et la France. Premier signe que l’on était plus au Japon, le non-respect des distances.

On a tous été emboîtés dans l’avion sans distance de sécurité entre les sièges et arrivé en France, aucun contrôle sanitaire. Dans la file d’attente, les gens ne respectaient pas non plus les distances d’un mètre. Le boomer situé deux personnes derrière nous toussait la bouche grande ouverte, bien entendu sans mettre le bras devant la bouche et sa bonne femme nous collait, alors qu’il y avait des affiches, des annonces sonores et un marquage au sol pour faire respecter la distance d’un mètre.

Aucun doute on est bien de retour en France. Je suis donc rentré en région parisienne pour vivre le confinement. Alors que finalement le confinement en France est plus drastique que le confinement Japonais. Contrairement à certaines personnes qui vivent sur Paris, je suis confiné dans un appartement situé dans une résidence. Je ne peux pas dire que je suis à plaindre par rapport à des personnes qui vivent dans des plus petits espaces. Mon appart est spacieux, et de plus je suis parti au Japon avant l’annonce du confinement. J’ai donc 3 semaines de confinement en moins par rapport à mes compatriotes.

Jordane

Je vis ce confinement de manière très sereine vis-à-vis de ma situation professionnelle. Je gère ma société d’accompagnement à la reconversion professionnelle. Ça ne change pas grand-chose pour moi, j’ai quelques formations et cours en présentielle qui ont été annulés mais le reste je les assure à distance. Je continue aussi d’assurer les séances de coaching que j’ai avec mes clients et je conçois des formations pour des entreprises quand je ne réalise pas des vidéos pour ma chaîne Youtube.

Le temps que j’économise dans les transports, je l’utilise pour lire mes livres achetés il y a un an et pour me tenir informé de la situation du pays. En revanche, comme beaucoup de Français, cette période assez anxiogène me fait me poser des questions sur l’avenir de mon pays. Je pense à toutes ces personnes qui vont perdre leur job ou qui se voient travailler à temps partiel. Les entrepreneurs qui ont lancé leur projet en début d’année, les restaurateurs, l’industrie du spectacle, etc.

Inquiet aussi car il y a une certaine colère grandissante chez tous les français vis-à-vis du gouvernement, sur le fait que l’on soit très mal gouvernés ! C’est pour moi une colère saine, liée à une prise de conscience collective ayant débouché sur un esprit critique positif. Pour une fois qu’un gouvernement a réussi à rassembler tous les français autour d’un avis commun… et peut-être un objectif commun.

 

Manon, Customer Success Manager

Manon est française, elle a 28 ans. Elle est Customer Success Manager (gère les clients d’une start-up). Elle écrit aussi un blog : Voyageons le monde et voici son instagram. Elle est confinée à Paris.  Voici son témoignage:

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Manon en Afrique du Sud

Je suis actuellement confinée dans mon appartement parisien avec mon conjoint. A Paris, les conditions de confinement sont strictes. Nous avons du réduire les contacts et nous n’avons presque pas le droit de sortir. Les sorties autorisées sont rares, pour aller faire nos courses (une fois par semaine environ) et ensuite nous avons « légalement » le droit de nous balader une heure par jour entre 19h et 10h (la journée, les sorties sont interdites).

Nous avons du annuler deux voyages. Le premier était prévu du 10 au 19 avril dans le Sud de la France (nous avions prévu de nous rendre au salon des blogueurs).
Le second devait avoir lieu en ce moment même entre le 25 avril et le 10 mai. Nous avons posé nos vacances en début d’années, pile au moment où l’on commençait à parler du coronavirus. Nous avons donc attendu avant d’organiser ce voyage.
Initialement nous envisagions d’aller aux Philippines, mais le virus étant plus présent en Asie qu’ailleurs ; à l’époque nous nous étions rabattus (et cela nous convenait très bien également sur le Mexique ou les Etats-Unis).

Finalement, nous avons bien fait d’attendre de voir comment évoluait la situation sanitaire pour réserver quoi que ce soit… Nous n’avons pas à nous battre avec les compagnies aériennes et autres hébergements pour nous faire rembourser ! C’est déjà ça :).

Nous avions également prévu d’aller passer le weekend de l’ascension avec ma famille à Center Parcs… Vous imaginez bien qu’avec le prolongement du confinement et l’annonce d’un déconfinement progressif nous n’avons pas voulu prendre de risque. Ce long weekend en famille est donc décalé à l’an prochain !

manon-confinement-paris

Bureau de télétravail au soleil

Je suis Customer Success Manager dans une petite start-up qui créée des plateformes communautaires. En ces temps de crise j’ai de la chance d’avoir un travail prenant que je peux exercer à domicile.
Je suis donc en télétravail à plein temps depuis le 12 mars (mon employeur a pris des mesures de télétravail avant la mise en place officielle du confinement).

Je pense que je vis plutôt bien la crise actuelle. Même si je suis enfermée dans un appartement parisien, j’ai la chance que ce dernier soit grand (75 mètres carrés). Nous sommes deux à vivre dedans et ne nous marchons pas sur les pieds.
Nous avons du réaménager un peu l’appartement pour que ce soit plus praticable à vivre tous les jours (mon bureau est à présent dans la chambre pour que l’un comme l’autre nous profitions d’un espace privilégié pour travailler et que nous ne soyons pas non plus 24h/24 l’un sur l’autre)

Ma vie reste cependant chamboulée… Nous travaillons, mais sans la relation physique que nous pouvons avoir dans un bureau, nous avons des nouvelles de nos proches, mais à distance cela n’est pas pareil et surtout cela commence à être long sans voir nos proches.

J’ai aussi du me créer une nouvelle routine (ce qui a du bon !). Par exemple, je m’oblige à faire 30 minutes de sport par jour (à distance avec ma maman), je commence à travailler une heure plus tôt que d’habitude, mais je prends une heure de plus pour la pause déjeuner (le temps de faire mon sport, me laver et déjeuner)…
Une nouvelle organisation s’est mise en place, cela a pris quelques semaines pour qu’elle soit « rodée » mais nous avons à présent, je pense, trouvé notre rythme d’heureux confinés (ou presque).

Sinon, nous nous occupons comme nous pouvons ! J’ai commencé un mini potager dans mon salon (on fait avec les moyens du bord), je me suis remise à la lecture et à la cuisine ! J’en profite également pour travailler sur mon blog !

Je crois que nous avons presque réussis à mettre notre confinement à profit et à en faire quelque chose de sympa ! Qui l’eut cru !

Je pense que le confinement massif n’est facile pour personne mais qu’il était obligatoire pour éviter un nombre de morts encore plus important. Nous avons trop peu de connaissances et surtout aucun remède contre ce virus et les dégâts qu’il provoque avec le confinement sont déjà énormes (alors je n’ose même pas imaginer si le confinement n’avait pas eu lieu).
Je pense que c’est une mesure forte, qui nous prive de certaines libertés fondamentales, mais qui nous permet de sauver des vies. Elle était nécessaire.
Le confinement massif en soi, c’était important au début. Maintenant il faudrait sortir plus et réglementer différemment les reprises d’activité et sorties.



Marion, blogueuse

Marion a 28 ans, elle est rédactrice web et blogueuse sur le site : Entreprendre et voyager. Elle est confinée à Courbevoie (92). Voici son témoignage :

Je suis en appartement, chez mes parents et chez moi pour le moment. Je suis rédactrice web freelance principalement. 100% en télétravail depuis 2 ans. La crise du coronavirus, je la vis moyen car cela a affecté certains de mes clients, mais sinon je continue de me battre et de prospecter comme d’habitude, et j’en profite aussi pour travailler sur mes projets perso et me former

Je suis assez geek/casanière en général donc ça va. Ça me manque juste de ne pas faire de longues balades. Je travaille, j’écris, je lis, je regarde des formations, des séries, j’écoute de la musique, je prospecte…ça n’a pas beaucoup changé dans mes journées, juste que je passe moins de temps dehors et que je ne peux plus faire de brocantes et de restos… Certains membres de ma famille me manquent aussi. De façon psychologique j’essaie de rester positive. L’avenir m’inquiète un peu, surtout la manière dont nos gouvernements gèrent cette crise sanitaire.

Visiter Huatulco au Mexique et ses superbes baies dans l’état de Oaxaca
Le confinement et crise du coronavirus en France – témoignages 2/2

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