Le confinement et crise du coronavirus en France – témoignages 2/2
La crise du coronavirus et le confinement en Amérique et Caraïbes - témoignages
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Mumbai (crédit photo Anupam)

Le coronavirus a commencé en Chine et il s’est répandu en Asie avant de devenir une pandémie mondiale. Pourtant certains endroits comme Bali et pays comme le Vietnam ont été beaucoup moins touchés que l’Europe par exemple où il est arrivé plus tard. Pourquoi? Peut-être que ces témoignages vous donneront quelques réponses. De plus certains pays comme le Japon n’ont pas le droit d’imposer le confinement. J’ai demandé à ma famille, mes amis et autres blogueurs voyage qui sont actuellement en Asie et en Océanie de témoigner. Les deux derniers témoignages sont celui de ma soeur en Australie et d’un blogueur voyage en Wwoofing en Nouvelle-Zélande. Voici les questions que je leur ai posées.

J’en profite pour vous partager quelques photos de Mumbai déserte durant le confinement prises par mon ami Anupam dont les crédits photos reviennent.

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Mumbai déserte (crédit photo Anupam)

Présentation : prénom, âge, métier, nationalité, lieu de résidence et lieu de confinement actuel.

Quelles sont les conditions du confinement où vous êtes ?

Avez-vous dû rentrer de voyage ou annuler un voyage ?

Quel est votre métier ? Comment vivez-vous la crise actuelle, comment cela impacte votre vie ?

Comment vivez-vous le confinement ? D’une façon pratique : que faites-vous de vos journées ? Et d’une façon psychologique : comment cela vous affecte-t-il moralement ?

Et que pensez-vous du confinement massif en soi ?

Voici leurs témoignages:

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gare déserte à Mumbai (crédit photo Anupam)




VOIR TOUS MES ARTICLES SUR LA CRISE DU CORONAVIRUS ET LE CONFINEMENT

 

Pierre au Vietnam

Pierre a 37 ans, il est Français. Il est webmaster et auteur du blog voyage forever. Je lui ai rendu visite quand il habitait à Barcelone. Il est maintenant en sortie de confinement au Vietnam à Saïgon. Voici son témoignage :

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Pierre au Vietnam

Le Vietnam a formidablement bien résisté aux deux vagues venant de Chine et du monde occidental.

Je comptais voyager avant de revenir en Europe. Mais évidemment, cela a été impossible et j’ai préféré rester au Vietnam qui faisait un excellent travail de prévention du virus avec une fermeture rapide des frontières, une quarantaine obligatoire de deux semaines pour les arrivants avec plusieurs tests, un port obligatoire du masque et une très bonne communication sur les nouveaux cas pour isoler les personnes qui ont été au contact des personnes testées positives. Après coup, je m’aperçois que rester a été la bonne décision. Il n’y a plus de nouveau cas recensé depuis une semaine, toujours zéro mort, et le déconfinement s’opère assez rapidement, ce qui semble être un luxe lorsque l’on compare au reste du monde.

J’ai commencé à prévenir dans mon entourage début mars quand j’ai vu la faiblesse des réponses européennes face au coronavirus en comparaison de ce que j’avais vécu en Asie.

Puis, mes activités internet ont commencé à être dévastées vers la fin mars puisque 80/90% de mon chiffre d’affaire est lié au secteur du tourisme qui va connaître une véritable annus horribilis cette année.

Saïgon a été officiellement confinée pendant 3 semaines ; et même si le régime est autoritaire, ce fut moins contraignant qu’en France. Il n’y avait pas de papier de sortie, et on ne peut pas dire que la police ait été omniprésente. C’est surtout l’autodiscipline collective et l’esprit de résilience historique vietnamien qui a fonctionné. J’ai essayé de mettre à profit ce temps pour repenser ma diversification, même si cela prendra du temps. Je crois n’avoir jamais eu les mains aussi propres de toute ma vie : ça fait depuis le mois de février que j’astiquais comme un maniaque mes petites mains avec du gel alcoolique à chaque sortie.

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Sinon, passer ses journées dans un petit studio à tester l’intégralité des plats réchauffés de la supérette d’en bas, regarder internet et dormir tel un ours, comme la plupart des confinés, amène inévitablement son lot d’ennui et d’introspection.

Ce fut également une opportunité pour reconnecter avec des gens dont je n’avais plus de nouvelle depuis un moment. L’avantage du confinement mondial est que les gens sont très facilement accessibles sur internet.

Sinon, j’ai quand même été effaré par le nombre de gens qui ont comparé ce COVID19 avec une simple grippe saisonnière et sur le manque total de préparation face à une pandémie dans les riches pays occidentaux, comme si un sentiment naïf d’invincibilité prédominait dans nos contrées. Et au final, à vouloir préserver à tout prix le tourisme chinois, la libre circulation, et l’économie, on a fini par imposer un confinement bien plus liberticide et destructeur socialement et économiquement.

Je pense avoir pris une leçon d’humilité en Asie. La vie des autres n’est pas inférieure à la mienne et l’individualisme n’a pas sa place lorsque l’on doit combattre collectivement une épidémie. Chacun est responsable de la vie des autres et chacun a sa petite pierre à apporter à l’édifice. C’est ce que j’ai appris de cette épreuve.

 

Stéphanie à Bali

Stéphanie a 34 ans, elle est Française. Elle est digital nomade, je l’ai d’ailleurs rencontrée à bord d’une croisière transatlantique Nomad Cruise. Elle a écrit un livre: Du burnout à Digital nomade. Son site c’est StéphanieDesquerre.com et son instagram @Steph_the_Nomad. Elle est actuellement confinée à Bali. Voici son témoignage :

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Ici à Bali, il y a 105 cas actifs déclarés à ce jour selon les données officielles pour un total de 150 cas avec 42 personnes guéries et 3 personnes décédées. Les autorités ont dit que la grande majorité des cas ont été importés et que la transmission locale reste limitée.

Depuis le 16 mars les écoles sont fermées. Le président indonésien, Jokowi, a appelé à limiter les interactions sociales et à privilégier le travail à domicile lorsque cela est possible. L’état d’urgence a été déclaré à Bali et dans le reste de l’Indonésie jusqu’au 29 mai.

La plupart des sites touristiques sont fermés au public. A Bali, il n’y a pas de confinement obligatoire mais le gouverneur a demandé aux habitants de rester chez soi et de se déplacer uniquement si nécessaire. Tous les événements regroupant les foules ont été interdits. Apparemment, les entrées sur l’île sont désormais réglementées et des tests rapides sont effectués. Tous les vols aériens ont été annulés.

Je suis nomade digital, auteure et à mon compte, c’est à dire que je travaille en ligne. Cela n’impacte pas mon activité, d’autant plus que je travaille à un projet d’écriture lié à de la vidéo, donc je travaille de chez moi et cela prend du temps.

Je vis le confinement de manière calme de mon côté. J’habite dans une maison, et j’ai heureusement trouvé un colocataire juste avant les mesures, donc nous sommes deux, ce qui évite l’isolement. Je vois de temps en temps d’autres personnes également, ce qui me fait sortir, car ici nous avons le droit de circuler en scooter. Certains cafés et restaurants sont restés ouverts (détecteur de température à l’entrée ou juste le port du masque).

Je veille à garder un rythme normal, avec yoga et méditation le matin, et travail la journée depuis la maison.

Pour moi, il est très important de rester positive et active, car cela a un impact sur les gens qui m’entourent et mes amis en France. Ce qu’il est en train de se passer est sans précédent, et je sais que c’est en restant dans des énergies hautes que nous aidons les autres à s’accrocher. J’ai démarré une chaine YouTube « Liberté TV » : au moment du confinement sur la spiritualité et le développement personnel, pour accompagner la compréhension des nouvelles énergies que l’on ressent à l’heure actuelle et des transformations intérieures qui vont toucher beaucoup de gens, car ça va chambouler et le retour à la normale n’est pas prévu.

Je pense que le confinement massif est une mesure de sécurité justifiée. Cependant, lorsque l’on s’intéresse à tous les sujets sous-jacents à ce virus, il y a de fortes chances que ce ne soit pas la réalité que l’on nous dépeint dans les médias de masse.

D’autres vérités sont à envisager, et connaissant comment fonctionne notre système et m’en étant affranchi, tout porte à croire que la suite à tout cela est programmée, et loin des informations véhiculées. Je reste donc attentive à la suite.



 

Franck et Richard à Bali

Franck et Richard ont la quarantaine. Ils sont originaires de la région parisienne et créateurs de contenus pour les territoires et marques liées au tourisme. Ils voyagent en France et tout autour du monde depuis 2008 en partageant leurs aventures sur le blog voyage OneDayOneTravel qui réunit tous leurs récits, conseils, photos et vidéos. J’adore suivre leurs photos sur les réseaux sociaux qui sont superbes et ils postent régulièrement des nouvelles de Bali sur leur compte instagram. Je les ai rencontrés lors d’événements liés au tourisme. Voici leur témoignage :

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L’année 2020 avait bien commencé pour nous avec des missions pour les stations de ski dans les Alpes. En février, nous sommes partis quelques jours à Singapour en reportage pour Air France puis à Bali pour se ressourcer comme nous aimons le faire lorsque nous sommes en Asie. Début mars, nous voilà au Vietnam dans le cadre d’une mission de 15 jours pour l’agence de voyage Shanti Travel. Nous débutons nos aventures à Hanoï où tout se passe à merveille les 4 premiers jours. En effet, le Covid19 a quitté le pays depuis 2 semaines. La population est sereine.

Le 5e jour, alors que nous rejoignons en voiture la baie d’Halong, nous apprenons le retour du virus dans le pays. Un coup de téléphone de l’agence de voyage aura suffi pour nous faire renoncer à la suite de notre périple. Nous apprenons que l’hôtel où nous devions dormir vient d’être mis subitement en quarantaine et que les sites touristiques de la baie d’Halong viennent de fermer. De retour à Hanoï, nous sentons tout de suite que l’ambiance a changé. En quelques heures, tout bascule. Des policiers sont postés aux coins des rues. Des hôtels et très rapidement des quartiers sont mis en quarantaine. Des passeports sont confisqués par des hôteliers… Le gouvernement vietnamien ne prend pas de demi-mesure. Nous ne voulons pas rester bloqués à Hanoï pendant 15 jours. Nous nous refugions en urgence chez des potes expatriés qui vivent en dehors du centre de la ville.

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Marché Hanoï au Vietnam, juste avant de devoir quitter le pays pour Bali

La décision de quitter au plus vite le pays est rapidement prise. Mais rentrons-nous en France ou revenons-nous sur Bali ? En France, l’épidémie du coronavirus progresse à grands pas alors qu’en Indonésie, la situation est très calme et la population continue à vivre normalement. Le choix est vite fait.

Nous sommes à la mi-mars et heureux de nous retrouver à nouveau à Bali, notre île de cœur. Déjà une dizaine de séjours en Indonésie depuis 2011. Le pays est devenu avec le temps notre terrain de jeu préféré dans le monde.

L’île des Dieux semble épargnée par la pandémie qui sévit de plus en plus en Europe et dans le monde. La vie se déroule par contre tout à fait normalement et on retrouve vite nos petites habitudes dans le sud de l’île où nous longeons chez une amie expatriée… jusqu’au jour du 25 mars qui est le jour de Nyepi ou le jour du Silence à Bali. Chaque année, toute la population doit rester confinée pendant 24 heures sans lumière, sans musique ni accès à internet. Ironie du sort, nous vivons l’espace d’une journée ce que vit une bonne partie de la population dans le monde.

Le gouvernement indonésien décide au dernier moment de prolonger ce confinement total à 48 heures. Depuis, le nombre de cas, notamment sur l’île voisine de Java ne cesse de croître. Afin de protéger Bali de la pandémie, les principaux accès à l’île sont réduits au strict minimum. L’aéroport de Denpasar ferme jusqu’à nouvel ordre. Seuls quelques rares vols de rapatriement ont eu lieu pour les touristes et expatriés désirant rejoindre leur pays d’origine. Beaucoup de javanais travaillant habituellement sur l’île des Dieux ont dans le même temps rejoint leur famille sur Java.

Bali commence alors à se vider sérieusement. Les accès aux principales plages du sud touristique ferment ainsi que les restaurants, discothèques, cafés et bars. Tous les sites naturels de l’île sont tous aussi interdits d’accès jusqu’à nouvel ordre. La distanciation sociale et le port du masque sont vivement conseillés mais aucun confinement total n’est décrété. Et heureusement car les locaux vivent pour la grande majorité d’entre eux au jour le jour. Faute d’avoir des économies de côté, ils ne peuvent se permettre de faire des provisions pour des semaines. En plus, beaucoup ont des crédits sur le dos mais les touristes ne sont plus là et l’économie, dont l’industrie du tourisme est la principale source de revenus, tourne de plus en plus au ralenti. Quelques bonnes volontés ont créé des associations afin de venir en aide aux plus démunis à Bali et en Indonésie – on en soutient d’ailleurs quelques unes – mais l’ampleur de la catastrophe sanitaire risque d’être énorme si la situation perdure.

Pêcheurs Ouest Bali OneDayOneTravel

Pêcheurs Ouest Bali

C’est dans ce climat d’incertitude pour l’avenir de Bali et des balinais que nous vivons cet épisode tumultueux pour l’humanité toute entière. À titre personnel, nous ne sommes pas à plaindre car nous sommes au paradis avec tous les principaux services qui fonctionnent encore normalement dans un confinement tout relatif car non imposé. Nous limitons évidemment nos déplacements par sécurité et portons nos masques dès que nous sortons. Le gel antiseptique nous accompagne chaque jour.

Professionnellement, cette situation ne nous empêche absolument pas d’avancer sur les productions de contenus liées aux dernières missions effectuées. Il nous suffit d’un ordinateur et d’une bonne connexion internet pour travailler. Côté blog, le nombre de visiteurs a drastiquement chuté bien évidemment – comme c’est le cas chez tous les blogueurs voyage – tout comme nos revenus passifs. L’engagement sur les réseaux sociaux est quant à lui toujours au beau fixe et notre situation nous permet de poursuivre la production de contenus actuels. Nos missions prévues sur le reste de l’année sont toutes reportées ultérieurement. Nous en profitons donc pour préparer le monde d’après avec divers projets en Indonésie notamment. Certains se concrétisent déjà actuellement. Nous restons positifs et c’est ce qui nous aide sûrement à avancer.

Aujourd’hui le 29 avril, à Bali, seulement 215 cas positifs au Covid19 et 4 décès ont été recensés depuis le début de l’année. Les structures de santé qui ne sont évidemment pas de toute dernière génération ne sont heureusement pas surchargées. Même chose du côté des crématoriums. Tout le monde s’interroge évidemment sur cette situation exceptionnelle que l’on peut imaginer enviable par beaucoup de territoires. Plusieurs pistes reviennent régulièrement. La saison chaude et humide qui sévit depuis quelques mois dans le pays aurait sérieusement freiné la propagation du virus. Également le fait que pas mal de gens aient été malades en décembre et janvier alors que des chinois de Wuhan continuaient à affluer sur Bali, ce qui aurait permis d’immuniser la population très tôt. Beaucoup d’autres hypothèses circulent bien sûr. On espère juste que la pandémie soit derrière nous ici à Bali. En attendant, une chose est sûre, peu de changements devraient intervenir d’ici fin mai sur les fermetures en cours. Les touristes de Chine, de Taïwan et de Corée du Sud devraient être les premiers à revenir sur Bali alors que les australiens ne sont pas attendus avant 2021. Quant aux européens ?

En attendant que la situation revienne à la normale en Indonésie et dans le monde, les taxes de séjour s’élevant habituellement à 1 million de roupies par jour et par personne en cas de dépassement de séjour ont été annulées par les autorités. Cela nous permet de rester à Bali sans stress et sans avoir à se préoccuper d’une date de retour dans l’urgence. Pour nous, cette situation ne nous dérange pas car nous avions comme projet de vivre 6 mois de l’année à Bali. On est parti pour…

 

Aala au Japon

Aala a 35 ans, il est Français d’origine tunisienne. Il réside au Japon depuis 2011. Il est créateur de contenus digitaux sur son blog Un Gaijin au Japon. Et voici son instagram. Il est “confiné” chez lui à Matsudo, préfecture de Chiba, au Japon. C’est une ville limitrophe de Tokyo, un peu l’équivalent d’Aubervilliers pour Paris. Voici son témoignage :

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Alors, au Japon, la loi empêche un confinement obligatoire, mais depuis le 7 avril 2020, le premier ministre japonais, Shinzo Abe, a décrété l’état d’urgence dans 7 préfectures (Tokyo, Chiba, Saitama, Kanagawa, Osaka, Hyogo, Fukuoka) avant de l’étendre à tout le pays il y a quelques jours. Concrètement, il est impossible d’interdire aux gens de sortir, mais les gouverneurs ont la capacité de demander de manière plus insistante aux habitants de ne pas sortir. On nous demande de limiter de 70% à 80% nos rencontres avec les autres pour ralentir la propagation du virus. Je reste donc à la maison avec mon enfant en bas âge et ma femme, les jours où elle ne doit pas travailler. On a fortement réduit nos sorties, alors qu’avant j’étais tout le temps en extérieur pour le travail.

Dans le cadre de mon travail au Japon, j’ai dû annuler plusieurs voyages. Etant résident au Japon, je n’ai pas eu à partir du pays, au contraire de beaucoup de Français de passage, qui sont rentrés en urgence sur les recommandations et insistance de l’ambassade de France au Japon.

Je suis créateur de contenus digitaux, dans le milieu du tourisme au Japon, ainsi que consultant pour des entreprises dans ce secteur d’activité. Dans ce cadre là je tiens un Blog Japon, je voyage et crée beaucoup de contenus photos, vidéos et autres articles. Depuis le début du mois de mars nous avons, avec mon associé, de nombreux contrats qui ont été retardés et c’est ce qui nous impacte le plus. On essaye de vivre cette crise, sans précédent, de la manière la plus rationnelle possible en essayant de profiter au maximum de la famille et d’avancer sur des projets en cours, pour être prêt lorsque tout reviendra à la normale.

Pour ce qui est du confinement, il est relativement récent au Japon et pas aussi contraignant qu’en France, par exemple. On reste au maximum à l’intérieur, sauf pour les sorties nécessaires, comme aller faire les courses ou emmener notre enfant au parc, lorsqu’il n’y a personne, pour qu’il se dégourdisse les jambes et prenne l’air. Je passe toutes mes journées à la maison. En semaine, quand ma femme travaille, je reste seul avec notre enfant. Je m’occupe de lui, on joue ensemble et je cuisine pas mal de choses. Quand ma femme est là, j’essaye de travailler un peu, quand je peux, et on se partage les tâches ensemble. Le seul « point positif » c’est que je passe plus de temps avec mon enfant et ma femme. Sinon, d’un point de vue psychologique, ce qui m’affecte c’est cette incapacité de sortir. J’adore marcher, me balader, prendre le soleil et c’est devenu rare c’est temps-ci et ça, soyons honnête, ce n’est pas des plus agréables. Mais je n’ai pas de quoi me plaindre.

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À propos du confinement massif en soi. Je pense, et ce n’est que mon avis personnel, que si c’est nécessaire, autant le mettre en place. Visiblement ça semble porter ses fruits dans les pays où c’est mis en place. Maintenant, je n’aimerais pas être à la place des décideurs parce que choisir où et quand mettre en place un tel confinement et assumer ses conséquences sur le quotidien de chacun, l’économie d’un pays, … ne doit pas être une chose facile à faire, encore plus dans cette période où sur les réseaux sociaux beaucoup expriment leurs mécontentements, très souvent, sans savoir de quoi ils parlent ou sans avoir toutes les données. Je pense qu’on est dans une situation exceptionnelle, qu’il faut accepter les mesures qu’on nous impose ou recommande, s’unir, les suivre et qu’il sera temps de faire l’analyse et les critiques (positives et négatives, de manière constructive) une fois que la crise sera terminée, pas pendant qu’elle a lieu.



 

Patricia à Mumbai en Inde

Patricia a 36 ans, elle est Française, mais elle réside à Mumbai en Inde depuis plusieurs années où elle est confinée depuis plus d’un mois. Je l’ai rencontré en France mais je l’ai revu aussi à Mumbai en Inde en 2016. Voici sa page facebook Une Française à Mumbai et son compte instagram. Voici son témoignage :

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Un confinement annoncé le 24 mars jusqu’à mi  avril puis bien sûr prolongé jusque courant mai. Je ne m’attache pas aux dates, car de toute façon, on n’est pas encore tirés d’affaire! Je suis entourée de Hot spots, autrement dit, des zones où il est interdit de circuler étant donné les cas positifs. Je suis l’une des rares expat à habiter dans le coin. Donc, je ne bouge pas. De toutes façons, à part pour aller prendre ses fruits et légumes (et besoins essentiels), c’est “interdit”. Je devais venir le 13 Mars en France pour les vacances, mais mon vol a été annulé par Kuwait Airways, et j’ai donc dû annuler Kuwait Paris… et repousser le voyage pour une date ultérieure, qui semble s’éloigner.

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Patricia à Mumbai

Je suis enseignante et je continue l’enseignement…à distance. Tous les élèves sont équipés et on a tous été formés en anticipant une fermeture potentielle de l’école. Donc ça continue comme avant…les classes, les examens, les réunions… mais avec horaires aménagés et devoir de créativité pour ne pas abuser de l’écran… Tout en gardant des classes fun, interactives et en variant les tâches, de l’individuel au groupe.

En ce moment nos 3ème doivent composer une chanson sur l’impact positif que l’Homme peut avoir sur la planète. Tout ça à distance. On va plutôt dire comment il peut le minimiser. Peut-être que certains auront l’idée de rester confinés pendant encore quelques années pour aider la nature à se restaurer (la blague). On a tous les outils pour travailler de chez soi derrière son écran, et ça c’est top.  Je vous avoue cela dit que j’ai un peu mal aux yeux en ce moment.

Dans la pratique, je ne peux pas me plaindre. J’ai un bel appart avec une grande terrasse pour moi seule et mon chat. Je m’investis à fond dans la confection d’un potager, comme j’ai du temps, et je m’occupe beaucoup de mon petit félin. C’est un véritable chien, il me suit partout!

Psychologiquement, il y a des coups durs par moments. Un jour ça va, un jour moins. Je me fais du soucis pour mes parents qui sont à 7000 kms de là…et essaye de penser à moi, étant quand même asthmatique. Mon père a 90 ans, et mes deux parents ont une comorbidité. Donc en gros, tous les 3 sommes à risque élevé de ne pas nous en tirer…. si jamais on chopait cette saleté… si j’ai tout bien pigé. Mais bon, l’angoisse c’est l’incertitude et qu’il n’y ait pas encore de vols commerciaux, comme les frontières sont fermées. Ça remet beaucoup de questions et projets sur la table quand on vit de façon permanente à l’étranger. Qu’en sera-t-il des prochaines années?

Je passe beaucoup de temps avec eux sur Hangout, entre séances de stretching ou de danse avec ma mère, et de yoga sur chaise ou d’échecs avec mon père, à qui j’envoie régulièrement les infos en format pdf. J’essaye d’être présente, à défaut vraiment d’être auprès d’eux. Autrement, je suis sur d’autres projets, d’écritures notamment.

Je suis un peu en mode collapsologie en ce moment et je me teste sur mes aptitudes de “survie en autarcie”, en testant plein de choses, notamment de refaire pousser mes légumes (en cours: patates douces, pommes de terres, épinards, haricots verts, concombre, pastèque…) Je fais beaucoup de Kombucha pour avoir des boissons pétillantes et rafraîchissantes (il fait 30 degrés en ce moment…et non, la chaleur ne nous protège pas du virus (mais 60 degrés le tuerait par contre!), beaucoup de choucroute que j’ai testée pour la première foi, et je fais mes premiers essais en lacto-fermentation.

Sans parler du ménage, que j’ai habituellement la chance de ne faire que très rarement depuis que je vis ici.  Toutes les aides ménagères (principalement des femmes) ont été sommées de rester chez elles. Mais pour la classe moyenne et supérieure, c’est une nouvelle expérience que de faire sa popote, laver son chez soi…et ne dépendre que de soi. Et tout ça demande du temps finalement, donc une nouvelle routine aussi!

Une belle découverte pour la plupart de mes élèves aussi, habituellement choyés avec chauffeur, nounou, cuisinière qui se sont mis aux fourneaux et au ménage. Une belle occasion de passer du temps avec la famille pour de vrai…pour ceux qui en ont la chance. J’admire leur humilité. Pour de vrai.

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Mumbai vide pendant le confinement en Inde

L’avantage du confinement en ce moment à Bombay, c’est aussi le calme plat, les oiseaux sont revenus, les perroquets se rapprochent de plus en plus, la nature a repris un peu de ses droits. On a même aperçu des dauphins dans le sud de la ville! Et aussi et pas des moindres: l’air est nettement plus agréable! Le ciel est bleu, la nuit est étoilée! Ça en devient presque poétique tout ça!  Alors je passe le plus clair de mon temps dehors!

J’ai entendu dire qu’ils commencent à faire passer des drones à Delhi pour interdire aux gens de sortir sur leurs balcons! Je comprends éventuellement pour ceux qui auraient l’habitude de cracher de leurs balcons  (d’ailleurs c’est plus trop la mode et même Modi a dit qu’il fallait changer “nos” habitudes)… mais j’espère qu’ils ne vont pas abuser de ces nouvelles technologies… c’est tellement la mode j’ai l’impression…

Je fais partie des rares chanceuses du quartier à avoir une terrasse, et honnêtement, en ces temps, c’est un véritable luxe. Ce qui est dommage c’est que même les marches quotidiennes en bas de l’immeuble ont été prohibées. Néanmoins en s’exposant moins dehors, on n’a pas sa dose de vitamine D, pourtant nécessaire pour renforcer ses défenses notamment contre les affections respiratoires (lu dans un article de la BBC récemment).

Le confinement massif, pour moi, c’est la conséquence d’un manque d’ancrage sur ce qu’est la réalité des hôpitaux de la part de nos gouvernements. Déjà à la base on sait très bien qu’on a un manque d’effectifs. L’année dernière, pour exemple, j’ai accompagné mon père hospitalisé pendant 20 jours en France, en restant auprès de lui 5 heures quotidiennement jusqu’à ce qu’il sorte, et le manque d’effectifs je l’ai vu. J’avais hâte d’une chose, qu’il sorte. A force de réduire le budget de l’hôpital public, de réduire les effectifs, en ne soutenant pas le corps soignant alors qu’ils sont restés en grève pendant plusieurs mois…

Je me dis que ça paraît pourtant tellement fondamental d’investir dans la santé publique. Ben là on paye les frais de tout ça. Pas tant pour la maladie elle-même selon moi. Si on ne confinait que les personnes malades et que tout le monde était testé, on n’en serait pas là. Et sans parler du manque de transparence et d’anticipation. Plus facile à dire qu’à faire vous me direz, mais bon, Je pense que ce constat se généralise. Je pense qu’on n’a pas franchement été bons sur ce coup là, et ce qui nous arrive est dramatique, sur le plan humain, sanitaire, et j’en passe. C’est vraiment désolant.

Sur ce, prenez soin de vous, de vos proches et gardez le moral!

 

Clémence et Fabien au Sri Lanka

Clémence a 32 ans, elle est Française et Fabien a 35 ans et il est Suisse. Ils habitent à 4 km de la ville de Kandy au centre du Sri Lanka depuis maintenant 16 mois. Ils sont donc confinés chez eux au Sri Lanka. Ils ont le blog de voyage Passeport en cavale sur lequel ils ont interviewé une dizaine d’expats : Le coronavirus vécu par les expatriés au Sri Lanka et ils ont également écrit un article complet sur la situation au Sri Lanka. Enfin sur leur compte instagram, ils font régulièrement des vidéos pour raconter l’évolution de la situation. Voici leur témoignage :

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En fait, il faut revenir quelques semaines en arrière pour bien comprendre la situation. Le 21 mars dernier, le gouvernement Sri Lankais a mis en place sur toute l’île un couvre-feu, ce qui veut dire que nous avions interdiction totale de sortir, même pour faire des courses. Selon les districts, il était levé certaines matinées afin de permettre aux gens de faire des courses.
Les jours de levers de couvre-feu, il fallait en moyenne attendre 2 heures avant de pouvoir espérer rentrer dans le magasin car pas plus de 10 personnes en même temps dans le magasin. Nous devions respecter 1 m entre chaque personne. Le port du masque était obligatoire et un lavabo avait été installé à l’extérieur. Lavage des mains obligatoire avant de rentrer à l’intérieur. Une fois à l’intérieur, les rayons légumes, fruits, lait et autres produits de base étaient déjà tous partis.

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Le 30 mars, soit 3 jours après notre dernière sortie, le gouvernement a annoncé un couvre feu total et permanent dans le district de Kandy. Forcément, nous ne nous attendions pas à de telles mesures et nous n’avions pas anticipé ! Il a donc fallu se débrouiller pour trouver de la nourriture.
Les 5 premiers jours étaient compliqués ! Nous n’avions plus d’eau (nous ne buvons pas l’eau du robinet car nous ne sommes pas vaccinés) plus de farine, d’œufs et même plus de légumes ! Dans notre ville (qui n’est pas la capitale) les conserves et les surgelés sont quasi inexistants et, forcément, nous n’en avons pas à la maison. Je comptais les repas qu’il nous restait, c’était assez terrifiant pour être honnête.
Et puis le 2 avril, les pharmacies ont été autorisées à ouvrir, comme nous devions nous y rendre, nous avons profité de cette ouverture pour passer par le centre du quartier afin de voir si une épicerie était ouverte. Et par miracle c’était le cas ! L’épicier a également proposé de faire la livraison pour les prochaines fois ! Nous avions au moins trouvé une solution pour les fruits, légumes et les œufs.

Au fur et à mesure des jours, les villageois se sont organisés, des camions de fruits ou de légumes passaient régulièrement dans le quartier. Pour les autres denrées, nous avons, grâce à nos amis expats du coin, découvert des petites boutiques qui livraient quelques produits (beurre, eau etc.) et puis les plus grands magasins se sont mis à livrer mais des produits précis (patates, chili, curry en poudre, et différentes épices … loin de ce que nous consommons). Les restaurants d’hôtels et certains restaurants se sont également mis à livrer, on a même pu se faire une pizza. Il a donc fallu se débrouiller.

Le 20 avril, nous avons eu le plaisir d’apprendre que le couvre-feu était levé les journées mais il est maintenu le soir de 20h à 5h du matin ainsi que les week end du vendredi soir au lundi matin. Pour combien de temps par contre, nous ne savons pas. Nous n’avons bien sûr pas le droit de voyager sur l’île. Mais au moins nous pouvons remplir les placards et le frigo.

Depuis le 27 avril, une nouvelle règle est en place, nos jours de sortie dépendent des numéros de nos passeports. Par exemple si ton numéro de passeport se termine par un 1 ton jour de sortie est le lundi etc. Mai est un des mois avec le plus de jours fériés (jour de poya) nous risquons donc d être en couvre-feu ces jours là.
Nous vivons du tourisme, donc niveau financier c’est terrible pour nous. Nous avons une guest house et la majorité des réservations de cet été sont annulées. Nous avons également une agence de voyages locale. Pour l’instant, nous n’avons eu qu’une annulation mais les tours de cet été sont grandement menacés, c’est une catastrophe.
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Niveau familial, c’est extrêmement difficile de se savoir loin de nos proches surtout dans ces moments là. Nous nous rendons vraiment contre que nous sommes expatriés. Heureusement, personne de notre entourage n’est malade et nous avons des nouvelles de nos proches tous les jours.

En ce qui concerne le fait de vivre cette crise à l’autre bout du monde, c’est assez compliqué. Nous sommes impressionnés de la rapidité et des mesures prises, même si le fait d’être en couvre-feu total, il faut l’avouer, n’est pas marrant, le gouvernement a réagi très vite et communique tous les jours sur le sujet. Mais nous sommes dans un pays où nous ne maîtrisons pas tous les codes, ni très bien la langue et il est difficile d’avoir les informations fiables et en temps réel, ce qui est très angoissant.

Le fait d’avoir eu ce manque de nourriture et de ne pas savoir comment en avoir a été très compliqué à gérer, nous avions même contacté l’ambassade. Heureusement, les Sri Lankais savent gérer ce genre de crise (ils sortent tout juste d’une guerre de plus de 26 ans). Ils ont appris à s’organiser et à s’entraider et ce, même durant les couvre feux. Malgré les circonstances, on a eu de la chance. Nous avons pu trouver de la nourriture. Dans certains quartiers de la ville, aucun camion n’est passé pendant plusieurs jours. Du coup on s’échangeait les bons plans entre expats.

Pour le confinement honnêtement ça va. On a trouvé notre rythme. On avance sur le blog, on pense au futur ! Pour nous, il est hors de question de partir, notre maison est ici et notre vie aussi, nous avons tout quitté pour vivre notre rêve, alors on  continue d’avancer sur nos projets. Notre agence est spécialisée sur le tourisme responsable et nous profitons de cette situation inédite pour chercher de nouveaux partenaires et travailler sur de nouveaux circuits. Bon, on avoue on regarde aussi pas mal de séries !

Sur la question du confinement massif en soi, nous avons échangé avec des expats du monde entier sur le sujet et quand on voit comment la Corée gère la situation, on a des doutes sur le confinement. Le monde entier est à l’arrêt et ça ne présage rien de bon pour l’avenir.



 

Alexandra au Sri Lanka

Alexandra a 35 ans, elle est Belge sur son passeport mais elle est née en Suisse et y a vécu 33 ans avant de partir voyager en Asie. Elle est maintenant une sorte de SDF comme elle se décrit elle-même. Elle vivait aux Philippines depuis un an, et en Asie depuis deux ans. Elle est arrivée au Sri Lanka le 15 mars, elle est confinée à Ahangama, dans le sud du pays. Voici son témoignage :

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Je devais m’installer ici à mon arrivée, malheureusement l’immigration est fermée depuis mon arrivée le 15 mars, mon compagnon et moi avons été les derniers étrangers, avec un Néerlandais, à passer l’immigration.

Ici au Sri Lanka, c’est le « LOCK DOWN », ils retirent le lockdown environ une fois par semaine quelques heures pour nous laisser aller faire nos courses. Depuis le 20 avril, ils ont assoupli les règles, lockdowm que de 20h00 à 5h du matin.

Heureusement j’ai plusieurs cordes à mon arc ! Je suis venue ici car je devais manager un resort, malheureusement nous sommes bloqués dans le sud, et le resort se trouve au nord, et les districts sont fermés entre eux… Donc impossible de rejoindre la terre promise, nous avons de la chance car notre patron nous assure quand même notre poste de travail dès le confinement stoppé ! Sinon je suis aussi Digital nomad (je travaille come social media manager et formatrice pour une école à New York, comme coach santé pour un cabinet en France et je donne des cours en ligne de Français pour une école à Londres) Donc environ 20 heures de travail par semaine.

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Je suis confinée dans une chambre avec mon compagnon, mais nous le vivons bien étonnamment. Je profite d’avoir le temps de faire des formations en ligne (des MOOCS) pour perfectionner mes connaissances, je fais du yoga tout les matins, suivi d’une séance de méditation puis je me mets au travail. J’essais de garder un rythme de vie. Je cuisine beaucoup et je profite du fait d’être confinée dans une maison avec des Sri-lankais pour en apprendre plus sur eux, leur cuisine et les plantes/fruits que nous avons autour de nous.

Le confinement massif en soi, ici il porte ses fruits, je trouve que le Sri Lanka gère très bien la crise, je suis vraiment impressionnée. Le gouvernement est transparent, aide la population, met des choses en place rapidement. Donc, je pense être plutôt pour, quand je vois ce qui se passe ailleurs. Je me sens en sûreté.

 

Marlène à Sydney en Australie

Marlène a 34 ans. Elle est Française, maintenant résidente en Australie depuis plusieurs années. Elle travaille pour la compagnie aérienne Qantas. C’est ma sœur et j’avais prévu d’aller lui rendre visite début avril, mais la crise du coronavirus en a voulu autrement puisque je suis coincée à Hawaï et l’Australie est fermée aux étrangers non –résidents. Elle est chez elle avec son fiancé à Sydney. Voici son témoignage :

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Marlène et son fiancé à Sydney

Ici, on a le droit de sortir pour les choses essentielles donc santé, nourriture et exercice mais il n’y a pas vraiment de contrôles donc on peut se balader sans avoir à prouver quoi que ce soit. J’ai entendu dire qu’il y avait eu quelques contrôles et quelques amendes mais je n’ai rien vu de tel par moi même. À partir du 1er mai, nous aurons le droit de rendre visite à des amis. Donc la situation s’améliore.

Côté voyages, je devais aller en Nouvelle-Zélande pour une semaine pour visiter la famille de mon fiancé mais on a du annulé vu les conditions d’isolation a l’arrivée. Et sinon c’est plus des personnes qui devaient nous rendre visite qui ont annulé, ma sœur qui devait venir depuis les Etats-Unis et pareil pour la sœur de mon fiancé.

Je travaille chez Qantas, la compagnie aérienne. Vu que l’industrie a été fortement impactée et qu’il n’y a presque plus de vols, j’ai été mise au chômage (‘stood down’ comme on dit en anglais) de début avril a fin mai. Du coup je ne suis plus payée mais j’ai pu utiliser des congés en avril pour avoir encore mon salaire et je devrai avoir une aide gouvernementale au mois de mai.

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Marlène en Australie

Le confinement, je le vis plutôt bien, je suis assez occupée au final.

Déjà j’en profite pour dormir plus que d’habitude (ce qui est super!), j’aide mon fiancé avec son business, je lis des livres, je fais des cours en ligne pour apprendre des nouvelles choses ou devenir meilleure à certains trucs (comme cuisine, économie circulaire et même maquillage!), je fais du tri et vends pas mal de trucs sur Facebook et marketplace, je fais du sport presque tous les jours en utilisant des apps comme LesMills on Demand et Centr, je cuisine plus que d’habitude aussi vu qu’on ne va plus manger dehors et je médite chaque jour aussi.

Et bien sûr, mon fiancé et moi on se fait une longue balade chaque jour, autour du déjeuner en général, y’a 3-4 parcs différents près de chez moi donc on va toujours à un différent, on va faire des courses, etc. en prenant tout notre temps. Le temps passe en fait super vite!

À propos du confinement massif en soir, je dirais qu’à la base je pensais qu’adopter une politique libérale de laisser le virus se propager (ie. tuant les plus faibles mais n’impactant pas l’économie tout entière) aurait pu marcher (comme ont fait l’Angleterre et la Suède au début) mais bien sûr le stress sur le sytème de santé et l’impact sur la population n’était pas tenable. Donc je comprends que le confinement soit nécessaire et pour notre bien à tous.

Je suis bien sur très attristée par les effets considérables sur l’économie, tous les jobs impactés, et le fait que ca va prendre un temps fou de revenir a la normale mais étant une naturelle optimiste, je vois aussi les effets positifs!

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En parlant aux gens autour de moi, j’ai l’impression que les personnes reconnectent: ils passent plus de temps avec leur famille, voient leurs enfants grandir, deviennent créatifs pour trouver des occupations (pour eux mêmes ou leurs enfants), ont le temps de souffler, de se recentrer sur eux mêmes, de faire finalement des choses qu’ils aiment et d’être moins stressés à courir partout pour maintenir leur ‘busy lifestyle’.

Et aussi un effet positif et considérable c’est l’impact sur notre planète! Finalement, on pollue moins, on ne prend pas l’avion, pas les transports en général et on développe des nouvelles habitudes (de mobilité mais aussi d’achats et consommation) qui je l’espère vont perdurer et aider à préserver notre environnement sur le plus long terme.

Bon après j’avoue que j’ai hâte d’aller me prendre un verre dehors, manger au resto avec des amis et aller au théâtre mais y’a des effets positifs qui peuvent nous inspirer a avoir une vie plus équilibrée.



 

Moran en PVT en Nouvelle-Zélande

Moran a 28 ans, il est Français vivant depuis presque 10 ans de « petites » expatriations. Il est blogueur voyage sur Rencontre le Monde et il partage des stories sur le confinement un peu tous les jours sur son compte instagram @rencontrelemonde et les plus importantes/mieux sont à la une. Il est actuellement en wwoofing en Nouvelle-Zélande avec sa petite amie. Voici son témoignage :

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Moran en wwoofing

Après presque trois ans en Suisse, d’où est originaire ma petite amie Lucy, nous sommes depuis six mois en Nouvelle-Zélande en PVT. Un VISA d’un an qui nous permet de voyager et travailler ici.
Après cinq mois ici, voyant l’évolution du Covid-19 en Europe nous nous sommes doutés, malgré le faible nombre de cas qu’il y avait ici, que nous allions prendre ici aussi la direction d’un confinement. Nous avons donc commencé à chercher un Wwoofing. Nous sommes arrivés deux jours avant le confinement, le jour de l’annonce de celui-ci, dans une ferme sur l’île nord de la Nouvelle-Zélande.

Cela fait maintenant 5 semaines que nous sommes ici et le confinement (niveau 4 d’alerte) a été levé ce mardi 28 avril. Mais le passage au niveau 3 d’alerte ne change que très peu de choses. Il sera à nouveau possible d’aller à la plage, faire des randonnées à la journée dans la région, rajouter quelques personnes à sa « bulle » mais c’est tout. La « bulle » dont il est souvent question ici, c’est votre famille la plus proche normalement : ceux avec qui vous vivez. Etant dans une ferme qui produit de la viande, ils ont pu continuer à travailler et notre bulle comprend donc les autres personnes travaillant sur l’exploitation.

Cette bulle peut donc être étendue à quelques autres membres de votre famille, à condition qu’une autre bulle n’en fasse pas autant. Bon ça ce sont les règles, dans les faits nous revoyons déjà d’autres membres de la famille de nos hôtes…

Le confinement en Nouvelle-Zélande a eu lieu tôt par rapport à la France si on compare au nombre de cas et il a eu lieu avant qu’il y ait le premier mort ici. Un confinement stricte comme en France avec des amendes également, très bien respecté au début dans l’ensemble. Aujourd’hui, dans les gens que l’on côtoie, ça se relâche beaucoup. Dans deux semaines on passera peut-être au niveau 2 ce qui signifie la fin de ce confinement. En effet, il n’y a plus que quelques nouveaux cas chaque jour (4 par exemple dans les dernières 24 heures au moment où j’écris). Au total il n’y a eu ici que 19 décès dus au Covid-19. Il n’y a plus que 300 cas actifs de la maladie en Nouvelle-Zélande. Donc on voit bien que même si on a aussi connu 5 semaines de confinement stricte et qu’il va y avoir encore deux semaines de confinement plus « soft », il n’y a rien à voir avec la situation en France.

Avec Lucy, nous n’avons pas bougé de la ferme pendant un mois, en même temps il y a de quoi faire. La ferme est divisée en trois parties avec un total de 5500 hectares … Le weekend dernier nous sommes allés camper dans les montagnes … Toujours dans la ferme ! Du coup nos journées se font beaucoup dehors. Même si c’est l’automne ici la météo est encore clémente. On aide sur la ferme un peu, on a pas mal aider à faire de la peinture et du jardinage, on aide avec les enfants…  Et je profite de ce temps pour essayer de travailler sur mon blog de voyage.

Du coup, en dehors du fait que l’on soit obligés de rester ici, on ne ressent pas trop le confinement. En tout cas, je suis bien content qu’il ait eu lieu, et aussi tôt, ici en Nouvelle-Zélande car grâce à ça je pense que la situation va vite revenir presque à la normale. Presque car il y aura beaucoup moins de touristes, beaucoup sont partis et personne ne sera autorisé à venir pour des mois ou années. La première ministre a déjà parlé de ne pas autoriser les entrées dans le pays et les voyages pour les nationaux avant qu’un vaccin ne soit trouvé.

Nous avions la possibilité d’être rapatrié mais avons préféré rester ici pour plusieurs raisons et nous en sommes très contents ! Les raisons incluant les risques de prendre l’avion, que la situation semble bien plus sous contrôle ici et que, comme nous avons deux passeports différents, il aurait été difficile de pouvoir rester ensemble si l’on était rapatriés en Europe.

La suite pour nous reste une surprise, on se refuse de prévoir. L’idée pour moi était de rentrer sans avion depuis la Nouvelle-Zélande à partir de septembre prochain. On verra ce s’il est possible ou non de le faire à ce moment là. En attendant on va continuer la vie en Nouvelle-Zélande. On a encore presque toute l’île du nord à découvrir et même si l’hiver arrive on sera prêt pour se balader ou aller travailler dans les montagnes néo-zélandaises !

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